05 · In Minor Keys

La Biennale d’art

Nous étions venus pour la Biennale. Voici quelques-unes des œuvres devant lesquelles nous nous sommes arrêtés, avec les photos et les vidéos prises dans les pavillons.

L’édition 2026.

La 61e Biennale d’art s’intitule In Minor Keys. Conçue par Koyo Kouoh, elle a été menée à bien après sa mort, en 2025, par l’équipe qu’elle avait choisie. Dans son texte de présentation, Kouoh parle de la mémoire, de l’écoute et de la façon dont on continue à créer dans les moments difficiles.

L’exposition principale se déploie dans le Pavillon central des Giardini et à l’Arsenale. Aux Giardini, on traverse les jardins pour passer d’un pavillon à l’autre. À l’Arsenale, l’échelle est tout autre : ce sont les anciens chantiers navals de Venise, avec leurs longues halles et leurs colonnes. Cette édition est ouverte du 9 mai au 22 novembre 2026.

Pour en savoir plus sur les œuvres et les lieux

Les magnolias et les animaux de la salle bleue.

La fleur rouge sur la photo fait partie d’Anatomy of the Magnolia Tree for Koyo Kouoh and Toni Morrison, une œuvre réalisée en 2026 par María Magdalena Campos-Pons. Magnolias, sculptures et portraits sont accompagnés par la musique de Kamaal Malak. La dédicace réunit Koyo Kouoh et l’écrivaine Toni Morrison.

Dans la même salle, les animaux en céramique de Celia Vásquez Yui sont réunis sur une plateforme bleue. L’œuvre s’intitule The Council of the Mother Spirits of the Animals et s’inscrit dans la tradition shipibo-conibo de l’Amazonie péruvienne. Sur les côtés, on distingue les assemblages de Daniel Lind-Ramos. Notre vue d’ensemble les réunit, mais ce sont bien des œuvres d’artistes différents.

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Des peintures à regarder de près.

En haut du mur bleu, on aperçoit Lampedusa, une peinture de Werewere Liking datant de 2019. Elle évoque la traversée de la Méditerranée et ceux qui y perdent la vie. Les autres peintures de la photo appartiennent à la même présentation du travail de l’artiste.

Dans une autre salle, le travail de Sohrab Hura se rapproche de l’échelle intime d’un journal. Aux murs, les peintures de Things Felt But Not Quite Expressed ; au centre, les boîtes peintes de Timelines. Elles sont petites : il faut s’approcher de chacune pour voir ce qui s’y passe.

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Roumanie. Écouter la mer.

Le Pavillon de la Roumanie est plongé dans l’obscurité. À l’intérieur, des bouées, des images d’eau et du son. Anca Benera et Arnold Estefán ont intitulé leur projet Marea Neagră la plural : Compoziții pentru ochiul sonor, soit « La mer Noire au pluriel : compositions pour l’œil sonore ». Corina Oprea et Diana Marincu en assurent le commissariat.

Le texte au mur part d’une idée simple : une mer n’est pas faite que d’eau. Les fleuves y déposent des sédiments, de la pollution, des traces de l’histoire. Les guerres, l’extraction des ressources et les bouleversements de l’environnement laissent leurs marques jusque sur les fonds marins. La mer devient une archive.

Dans Floating Sensors, les balises deviennent des instruments sonores. Conçues pour mesurer et résister, elles entrent ici dans une composition. Sur les textiles de Rivers of Residue, les cours du Danube, du Don et du Dniepr sont brodés sur des images sonar des fonds marins. « L’œil sonore » du titre désigne cette possibilité de connaître par le son ce qui échappe au regard.

L’installation vidéo How to Mend a Broken Sea? suit Diana Miron, qui traduit le mouvement de l’eau par sa voix. Reading Waves as Notations, la composition de Simina Oprescu, prend pour point de départ les vagues et la propagation du son dans le pavillon. Une carotte géologique fait aussi entrer dans la salle un temps beaucoup plus ancien, conservé dans les couches privées d’oxygène de la mer Noire.

Le panneau indique une durée de 18 minutes et 15 secondes. Une même question traverse l’ensemble : comment réparer une mer fracturée ? Une fois le texte lu, les liens entre les bouées et les images sur les murs commencent à se dessiner.

Black Seas · quelques secondes filmées dans le Pavillon de la Roumanie.
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Un deuxième lieu à visiter.

Le projet roumain se poursuit dans la Nouvelle Galerie de l’Institut roumain, au Palazzo Correr, dans le Cannaregio, à l’écart du pavillon des Giardini. On y trouve Blue Ground, qui explore les liens entre l’extraction des diamants, l’Atlantique et la mer Noire, et The Delusion of the Commons, une sculpture qui rapproche la forme d’une cheminée hydrothermale de celle de la tour de Babel. Nous avons aussi indiqué ce lieu sur la carte pour ceux qui souhaitent poursuivre la visite.

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Japon, promenez un bébé et changez sa couche.

Au Pavillon du Japon, les visiteurs se promenaient avec des poupées. Certaines portaient des lunettes de soleil ; d’autres étaient assises sur le bord d’un muret, près des plantes. Dans les trois petites vidéos, on voit les gens les prendre dans leurs bras et les emmener avec eux.

Grass Babies, Moon Babies, d’Ei Arakawa-Nash, est né de l’expérience de l’artiste comme père de jumeaux. Les 208 poupées peuvent être emmenées dans le jardin et le pavillon. À la fin, les visiteurs sont invités à leur changer la couche ; un code QR leur offre alors un poème lié à la date de naissance attribuée à chaque poupée. Pour participer, il suffit de prendre une poupée dans ses bras et de s’occuper d’elle.

Grass Babies, Moon Babies · une poupée prise dans les bras.
Pavillon du Japon, Giardini · les poupées et les visiteurs à l’entrée.
La même installation, près du jardin. La poupée aux lunettes de soleil.
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France. Comme Saturne.

Chez Yto Barrada, au Pavillon de la France, la lumière vient d’en haut. Sur la photo, on aperçoit une forme de pierre à degrés, entourée de rideaux clairs et sombres. C’est un détail de Comme Saturne, l’exposition dont Myriam Ben Salah est la commissaire. Après l’obscurité du Pavillon de la Roumanie, le changement est saisissant.

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