04 · Entre deux expositions

Ce que nous avons vu

À Venise, chaque trajet passe par quelques ponts. Entre deux expositions, nous nous sommes arrêtés pour regarder les maisons, les canaux et les gens.

Dans la vieille ville, aucune voiture ne circule. On le remarque aussitôt : on entend les pas, l’eau contre la coque d’un bateau, une conversation à une fenêtre. Entre ces bâtiments si proches les uns des autres, on se surprend à parler à voix basse. Puis un Italien hausse le ton, ou les cloches se mettent à sonner l’heure.

Nous avons beaucoup regardé les maisons. Les briques à nu, l’enduit qui s’effrite, les portes qui donnent directement sur le canal. Devant ces seuils usés et ces murs au ras de l’eau, on se demande depuis combien de temps ces maisons sont là.

À pied, sans se presser.

Nous avons aussi pris le temps de nous asseoir à une table, de regarder les places et les passants. Une part de Venise se découvre mieux ainsi, quand rien ne presse. Les bateaux passent, quelqu’un livre des marchandises, un autre s’arrête pour discuter.

Sur le Grand Canal, c’est depuis l’eau que l’on voit le mieux les façades des palais. Plus tard, du pont de l’Accademia, nous apercevions Santa Maria della Salute dans la lumière bleue du soir.

Une phrase croisée en chemin.

Sur la Riva dei Sette Martiri, une pancarte annonçait : « This exhibition is not for you! ». C’était à l’entrée de D is for Duchamp the Deep Dyed Deceiver, à l’Arsenale Institute. Elle nous a fait nous arrêter, et nous l’avons photographiée.

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